fin du poème

PROPHETIE DE JOEL, CH. III.

Le Seigneur (T1) assemble les nations dans la vallée du Jugement, et les interroge sur les cruautésqu'elles ont exercé contre Israël.  Il punit rigoureusement les ennemis de son peuple. Jérusalem et la Judée, figures de l'Eglise de Jésus-Christ, subsisteront dans la suite de tous les siècles.

Quand j'aurai brisé les chaînes
     Des familles d'Israël ;
     Quand j'aurai fini les peines
     D'un exil long et cruel
     Des nations rassemblées
     Dans de lugubres vallées,
     J'interrogerai les Rois ;
     Et d'un peuple, leur victime,
     Ma colère légitime
     Revendiquera  les droits.

     Sut la race qui m'est chère
     Par eux le sort fut jeté.
     Leur luxe a mis à l'enchère
     La tendre virginité.
     Que prétend votre furie,
     Parlez, Tyr, parlez, Syrie,
     Suis-je l'objet de vos coups ?
     Ah ! malheureux, sur vos têtes,
     Mes vengeances bientôt prêtes
     Les feront retomber tous.

Vous avez du lieu saint enlevé les richesses,
Dissipé de nos Rois les pieuses largesses,
Et des trésors du Temple embelli vos autels.
Juda de votre haine est la triste victime ;
Vendus aux fils des Grecs, les enfants de Solyme
Sont par vous arrachés des foyers paternels.

     Mais de leur prison cruelle
     Les maux vous seront rendus :
     A Juda que je rappelle
     Vous-mêmes serez vendus.
     Chez des nations lointaines,
     Courbés sous le poids des chaînes,
     Vos enfants suivront vos pas.
     Ainsi le veut et l'ordonne
     Le Dieu qui vous abandonne
     Aux vainqueurs de vos états.

     Et toi, fléau de la terre
     Accours, Prince ambitieux ;
     Hâte-toi, mène à la guerre
     Tes soldats audacieux.
     Que transformé par ta rage,
     L'instrument du labourage
     Devienne un fer meurtrier :
     Que le lâche entre en furie,
     Et que le faible s'écrie,
     Je suis fort, je suis guerrier.

Aux champs de Jezraël que tes peuples descendent,
Que de tout l'univers les nations s'y rendent,
Tyran, viens-y toi-même, et c'est où je t'attends :
C'est où tu rendras compte  à ton maître inflexible ;
J'y serai sur mon trône, et dans ce jour terrible
Je dois du monde entier juger les habitants.

     Que ces moissons jaunissantes
     Disparaissent sous la faux ; (N1)
     De ces vignes abondantes
     Foulez les raisins nouveaux.
     Frappons enfin qui m'outrage ;
     Venez au champ du carnage,
     Victimes de mon courroux.
     Ces vallons qui retentissent,
     Ces bruits sourds vous avertissent
     Que Dieu s'approche de vous.

     D'une obscurité profonde
     Les astres seront couverts.
     Le Juge irrité du monde
     Rugira du haut des airs :
     Il frappera du tonnerre
     Les fondements de la terre,
     Et les pavillons du ciel.
     C'est alors que sa puissance,
     Ranimera l'espérance,
     Et la force d'Israël.

C'est alors que Sion jouira de son Maître ;
Dans ses remparts chéris il se plaît à paraître,
Il bannira loin d'eux le trouble et les dangers.
Règne, Jérusalem, cité sainte et tranquille ;
Tes superbes palais ne seront plus l'asile
Des peuples ennemis, ni des Rois étrangers.

     A pleines mains la nature
     Versera tous ses trésors :
     Des ruisseaux pleins d'une eau pure
     Orneront ces heureux bords.
     Pour fertiliser vos plaines,
     Il sortira des fontaines
     De la maison du Seigneur ;
     Et vous devrez à leurs ondes
     De vos campagnes fécondes
     La richesse et le bonheur.

     Mais l'Egypte consumée
     Par un incendie affreux,
     Subira de l'Idumée
     Les supplices rigoureux ;
     Dans leurs provinces désertes
     Dieu vengera par leurs pertes
     Et par mille maux divers,
     Juda qu'elles ravagèrent,
     Et son sang qu'elles versèrent,
     Dont leurs champs furent couverts.

De ce même Juda les villes renaissantes,
D'un peuple fortuné demeures florissantes,
Goûteront le bonheur tant promis sous ma loi.
O mon peuple, mes mains dans les eaux les plus pures,
Laveront de ton sang les antiques souillures,
Et je veux à jamais habiter avec toi.

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NOTES:
1. Ceux à qui les expressions et les figures des livres saints sont familières, savent que le
    temps de vengeances  du Seigneur est souvent représenté dans l'ecriture,  sous
    l'image de la moisson et des vendanges ; ici, par exemple, 
Mittite  falces quoniam
    maturavit messis ; venite et descendite, quia plenum est Torcular, et ailleurs, comme
    dans Isaïe,  dans Jérémie, dans saint Matthieu, dans l'Apocalypse.     retour au texte



TEXTE:
1.   En 1751 la première ligne commence
Dieu assemble les nations dans        retour au texte