fin du poème

HYMNE  X

POUR LA FÉTE DE SAINTE CLOTILDE
REINE DE FRANCE (T 1)







      Répandons des fleurs nouvelles
        Sur nos autels parfumés ;
        Que les cieux soient allumés
        Par les vives étincelles
        De feux dans l'air consumés.

     C'est la fête de notre reine,
     C'est le salut de nos aïeux.
     Notre première souveraine
     Occupe un trône dans les cieux ;
     C'est la fête de notre reine.

     Que de trône a coûté de pleurs !
     Faut-il qu'un époux qu'elle adore,
Qu'un époux qui répond à ses chastes ardeurs,
     Blasphème le Dieu qu'elle implore !

Non, d'une erreur funeste il rompra le lien.
     Le fondateur de cet empire
     Devait être un héros chrétien ;
     Il l'est : sa résistance expire.
Reine auguste, vos vux seront enfin remplis,
Et le Dieu de Clotilde est le Dieu de Clovis.

        Source à jamais durable
        Des plus heureux exploits ;
        Triomphe mémorable,
        Qui soumet à la fois
Nos rois au Dieu suprême, et la France à nos rois.

        Légitime assurance,
        Fondement solennel
        De la double puissance
        Dont l'accord immortel
Ne connaît parmi nous qu'un trône et qu'un autel.

     Heureux Clovis, tu possèdes
        Et Clotilde, et la foi.

     Quel triomphe quand tu cèdes
        A la divine loi !

     Heureux Clovis, tu possèdes
        Et Clotilde, et la foi.

     Quelle épouse ! quelle âme pure !
Les dons du ciel unis aux dons de la nature
     Ont formé son cur et ses traits.
En vain l'humble flatteur lui vante ses attraits,
Et le charme si doux des grandeurs souveraines ;
Elle sait trop le prix des vanités humaines.
Du monde sous ses pieds le faste est abattu,
     La religion, la vertu
Font la gloire des rois, et la beauté des reines.

        Les curs et les vux
        Autour d'elle volent.
        Ses soins généreux,
        Ses regards consolent
        Tous les malheureux.
        Sa cour est un temple
        Aux pauvres ouvert ;
        Sa vie un exemple
        Aux princes offert.
        L'univers l'admire,
        Le ciel la désire,
        La France la perd.

Non ce n'est point la perdre ; elle veille, elle prie
Pour l'empire Français, sa première patrie.

O reine, jouissez d'un éternel honneur ;
Vos sujets, votre époux sous le joug du Seigneur
     Par vos soins ont courbé leur tête.
     Quelle plus illustre conquête !
     Votre gloire a fait leur bonheur.



TEXTE: Ce poème ne se trouve pas dans 1751.

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