fin du poème

HYMNE  IX

POUR LA FÉTE DE SAINTE GENEVIÈVE
PATRONE DE PARIS (T 1)





     Qui conduit ces jeunes troupeaux
     Sur les rivages de la Seine ?
     Quelle bergère les ramène
     Au bercail des prochains hameaux ?

     Germain (N1) l'aperçoit et s'arrête.
     Il lit ses vertus dans ses yeux ;
     Il lit dans les décrets des cieux
     Quel bonheur pour elle s'apprête.
Le pontife sacré la présente aux autels,
Et l'unit à son Dieu par des nuds immortels.

Reçois ton épouse nouvelle,
Agneau sans tache, auguste époux.
Elle t'offre un amour fidèle ;
C'est pour toi l'encens le plus doux.

Séjour des rois, cité maîtresse,
Quelle garde pour tes remparts !
Son sexe a perdu sa faiblesse ;
L'enfer et l'ennemi redoutent ses regards.

     Le tyran des Energumènes
     Cède à sa voix qui le poursuit.
     Elle parle : il blasphème et fuit,
     Il fuit, et ses menaces vaines
     Tombent dans la brûlante nuit,
     Où lui-même il reprend ses chaînes.

        Mais des glaces du Nord,
        Quel monstre dans la France
        Apporte la vengeance,
        L'esclavage et la mort !
        Fléau du ciel qui gronde
        Sur les tristes humains,
        Les châtiments du monde
        Sont remis dans ses mains.

Attila cependant plein d'orgueil et de rage,
S'avance  vers Paris, désole nos climats.
Son nome remplit d'effroi nos plus braves soldats,
La bergère se montre, et leur rend le courage.

     Du ciel qu'elle a fléchi pour eux
        La faveur se déclare.
     Sa croix (N2) , sa houlette et ses vux
        Triomphent d'un barbare.

Bienfaits trop peu connus, ou trop peu révérés !
Quels nuages affreux sur ses jours vois-je éclore ?
L'envie  ose ternir un éclat qu'elle abhorre.
     Vierge innocente, vous pleurez (N3) :
O douleur ingénue et que le crime ignore !

     Eh !  qu'obtiendront ces curs jaloux
     Par l'imposture la plus noire ?
     Rendez plutôt grâce  à leurs coups ;
     Il ne manquait à votre gloire
     Que les trait lancés contre vous.

Le succès des méchants leur est toujours funeste ;
La vertu les confond, les écrase à son tour.
Ame sainte, volez dans l'empire céleste
     De la concorde et de l'amour.

     Sur le tombeau d'une bergère
     Implorons le divin pasteur.

Que ce dépôt sacré qu'en nos murs on révère,
Fixe à jamais sur eux les regards du Seigneur,
     Et qu'il détourne sa colère.

     Sur le tombeau d'une bergère
     Implorons le divin pasteur.



TEXTE: Ce poème ne se trouve pas dans 1751.

NOTES:

1. Evêque de Paris    retour au texte

2. Le jour qu'elle fit vu de chasteté  entre les mains de S. Germain, ce prélat lui attacha  au col une monnaie de cuivre, sur laquelle était gravée  une croix.  Saint Genevièveporta toujours jusqu'à sa mort cette marque de sa consécration.   retour au texte

3. Voyez ce trait dans l'histoire de sa vie.   retour au texte

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