fin du poème

HYMNE  IV

POUR LE JOUR DE LA PURIFICATION 

CANTATE.

Sion, quel jour brillant ! quel spectacle pour toi !
De ses propres autels le Verbe est tributaire.
La mère du Sauveur apporte au sanctuaire
     Les dons commandés par la loi.
Elle annonce aux humains leur conquérant paisible.
Des saintes légions le cortège invisible
Accompagne une Vierge et le céleste enfant ;
Et l'auguste vieillard, à nos maux si sensible,
Reçoit entre ses bras le fils du Dieu vivant.

     Que les portes du temple s'ouvrent ;
     Brillez, éternelle clarté ;
     Percez les nuages qui couvrent
     Les rayons de la vérité.

     Que la voix des anges seconde
     Les chants qui remplissent ces lieux.
     La terre rivale des cieux
     Nourrit le créateur du monde.

Dieu ne veut plus la chair ni le sang des troupeaux.
     Recevons ses décrets nouveaux,
     Source de biens et de délices.
Le flambeau de la foi, les flammes de l'amour
     Doivent enfin dans ce grand jour,
     Purifier nos sacrifices.
     Symboles des curs innocents,
     Doux parfums que nos mains allument,
Portez jusqu'au ciel parmi des flots d'encens,
     Tous les transports qui nous consument.

        Accourez dans le saint lieu,
        Volez, nations fidèles :
        Couvrez des fleurs les plus belles
        Le berceau de votre Dieu.

        L'enfant qu'ici je contemple,
        De grands rois l'ont imploré.
        Hélas ! encore ignoré,
        Il est offert dans le temple
        Où lui-même est adoré.

        Volez, nations fidèles,
        Accourez dans le saint lieu :
        Couvrez des fleurs les plus belles
        Le berceau de votre Dieu.

Mais Quel nombreux concours ! que de mortels qui chantent
Le Dieu qu'ils attendaient, et qu'ils brûlent de voir !
Femmes, enfants, vieillards, tous en secret ressentent
De la divinité l'invincible pouvoir.
Un transport inconnu les trouble et les enflamme ;
Sur leur front, dans leurs yeux, j'aperçois de leur âme
     Tous les mouvements exprimés.
La mère du Sauveur se tait en leur présence.
     Dans ce respectable silence
     Que de sentiments renfermés !

     Gloire, triomphe au divin père
     Honneur au fils, Dieu comme lui.
     Le tribut d'une foi sincère
     Obtient leur immortel appui.

     Esprit-Saint, recevez  l'hommage
     Des curs qu'illuminent vos feux ;
     Par vous seul nous faisons usage
     Des seuls biens dignes de nos vux.

     Gloire, triomphe au divin père,
     Honneur au fils, Dieu comme lui.
     Le tribut d'une foi sincère
     Obtient leur immortel appui.

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